Un placement annonce un rendement. Le relevé de fin d'année annonce autre chose. Entre les deux, il y a un prélèvement qui s'applique sans que personne n'ait à le demander.
Trente pour cent, en deux morceaux
Le prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé flat tax, s'applique par défaut à la plupart des revenus du capital : intérêts, dividendes et plus-values de cession. Son taux courant est de 30 %, et ce chiffre est en réalité la somme de deux prélèvements distincts.
Le premier est l'impôt sur le revenu, retenu au taux forfaitaire de 12,8 %. Le second correspond aux prélèvements sociaux, à hauteur de 17,2 %. Les deux sont prélevés ensemble, ce qui explique que l'on ne voie généralement qu'un seul chiffre.
| Composante | Taux |
|---|---|
| Impôt sur le revenu, taux forfaitaire | 12,80 % |
| Prélèvements sociaux | 17,20 % |
| Total appliqué par défaut | 30,00 % |
Un changement à connaître depuis janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le taux global peut atteindre 31,4 % pour une partie des revenus concernés, la composante sociale passant alors de 17,2 % à 18,6 %. D'autres produits conservent le taux social de 17,2 %, et restent donc à 30 % au total.
Il n'est donc plus tout à fait exact de parler d'un taux unique de 30 % pour l'ensemble des revenus de placement. Le taux applicable dépend du produit concerné, ce qui rend utile la lecture du détail figurant sur le relevé fiscal transmis par l'établissement.
L'option pour le barème progressif
Le prélèvement forfaitaire n'est pas obligatoire. Le contribuable peut renoncer à ce mode d'imposition et demander que ses revenus de placement soient imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Cette option obéit à trois règles qui méritent d'être retenues :
- elle est annuelle, et doit donc être formulée chaque année,
- elle est expresse, c'est-à-dire qu'elle doit être demandée explicitement,
- elle est globale, et s'applique à l'ensemble des revenus concernés, sans possibilité de choisir produit par produit.
Une fois exercée pour une année donnée, elle est irrévocable pour cette année.
L'option se juge sur la tranche d'imposition, pas sur l'impression générale.
Quand cette option peut être plus favorable
Le raisonnement se fait à partir de la tranche marginale d'imposition du foyer. Pour un foyer non imposable, ou imposé dans la tranche à 11 %, le barème progressif applique un taux inférieur aux 12,8 % du prélèvement forfaitaire sur la part impôt sur le revenu. L'option peut alors réduire l'imposition.
Deux éléments s'ajoutent à ce calcul. Les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % lorsque le barème est retenu, ce qui réduit la base imposable. En revanche, les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas : l'option ne porte que sur la part impôt sur le revenu.
Pour les foyers dont la tranche marginale est supérieure à 12,8 %, le prélèvement forfaitaire est en général plus avantageux, et l'option n'a pas d'intérêt.
Ce qui reste hors du champ
Tous les produits d'épargne ne sont pas concernés. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et ne relèvent donc pas de ce mécanisme. D'autres enveloppes obéissent à des règles propres, liées notamment à leur durée de détention.
Avant de trancher, la démarche utile consiste à comparer les deux calculs sur les revenus réellement perçus dans l'année, en tenant compte de la composition du foyer. Le simulateur officiel de l'administration fiscale permet de faire cette comparaison avant de cocher la case correspondante sur la déclaration.
Cet article est fourni à titre d'information générale. Il ne constitue pas un conseil juridique, financier ou fiscal. Les montants, taux, plafonds et conditions cités correspondent à la date indiquée et peuvent évoluer. Vérifiez les informations sur les services officiels avant toute démarche ou tout engagement.
